Ballard, pionier des piles à combustible au Canada

Il était une fois Ballard Power Systems, le fleuron du secteur high-tech canadien. L’entreprise imagina un monde de voitures à hydrogène, non seulement très économes mais respectueuses de l’environnement, roulant silencieusement le long des routes.

Pendant des années, Ballard a vendu les promesses de sa technologie aux investisseurs, consommant des millions de dollars de leur poche. La rentabilité n’étaient jamais bien loin, excepté qu’ils n’y sont jamais parvenus.

Lorsque John Sheridan est arrivé en 2006 au siège social de l’entreprise à Burnaby, en Colombie Britannique, il fallut au nouveau PDG un certain temps pour deviner le futur. L’entreprise était en grande difficulté, ou pour le citer, « en train de vivre une catastrophe ferroviaire ». La faillite était assurée, à moins que des changements soient faits.

Six ans plus tard, Ballard est sur le point de réaliser enfin des bénéfices, stimulé en grande partie par le succès de son système de propulsion pour … chariot élévateur.

Les chariots élévateurs ne constituent pas le futur univers automobile que Ballard avait espéré construire, mais il demeurait un endroit où l’entreprise pouvait y insérer une pile à combustible, et faire une affaire plus avantageuse encore que les batteries plomb/acide du marché.

En d’autres termes, les chariots élévateurs offraient l’opportunité d’une application commerciale immédiate de la technologie Ballard, contrairement à l’attente du jour où elle fonctionnerait avec les voitures. Ce qui n’est probablement pas pour demain. Mais pour le moment ce n’est plus leur premier problème. Le fleuron canadien en difficulté a tourné la page et se concentre à retrouver son marché de façon archaïque, en le gagnant.

L’entreprise abandonne son rêve automobile en 2007 lorsqu’il vend ses actifs en matière de pile à combustible, incluant la propriété intellectuelle, aux géants de l’automobile Ford et Daimler, qui ont remporté 32% de parts de l’entreprise. Ballard était simplement une trop petite entreprise pour subvenir, jusqu’aux jours espérés, aux besoins financiers de recherche et développement.

Monsieur Sheridan rappelait dans lors d’une interview récente, « Je me suis adressé à eux [Ford, Daimler] de la sorte : soit nous trouvons issue à cette négociation ici, soit nous allons arrêter le travail dans l’automobile et tout cela va conduire à un arrêt grinçant ». « Je vous l’ai dit les gars, vous allez devoir recommencer de zéro, et ce sera un désastre. Le fruit des années et des années de travail commun sur la technologie de pile à combustible automobile disparaitra. »

Autrement dit, ce n’était donc pas un changement de cap mineur de la part de l’entreprise. C’était plutôt : nous avons un problème majeur et soit vous nous achetez notre technologie de pile à combustible, soit vous repartez de zéro. Face à ce choix les géants automobiles acceptèrent la proposition. Ils laissèrent une enveloppe de quasiment 100 millions de dollars pour Ballard, qui pouvait encore utiliser sa technologie de pile à combustible pour toute application non automobile. Cela permit à l’entreprise de prendre un nouveau départ.

Voilà pour l’histoire. Aujourd’hui le revirement de cet ancien géant des hautes technologies est quasiment terminé.

Monsieur Sheridan et son équipe ont réussi en se concentrant sur le développement de système de pile à combustible pour les chariots élévateurs, autobus et générateurs. Encore une fois il n’est pas question de voiture façon Batmobile alimentée par une pile à combustible. Mais l’argent est là, et c’est une chose importante pour les actionnaires de Ballard après cette période longue et difficile.

Les produits de l’entreprise sont à présent vendus partout dans le monde, dont l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Inde. Elle a annoncé la semaine dernière l’ouverture de négociations sur un programme d’alimentation par pile à combustible avec le réseau de télécommunications China Mobile. Ce pourrait être un gain immense pour Ballard.

L’analyste Walter Nasdeo, de l’Ardour Capital Investments à New York, annonce des premiers bénéfices pour Ballard au quatrième trimestre 2013. Si tel est le cas, Ballard deviendra la première entreprise de pile à combustible à être rentable sur le marché.  

Monsieur Nasdeo indique qu’« ils sont tout près du but ».

L’entreprise est pourtant confrontée à des détracteurs, et le sera tant que ses objectifs financiers ne seront pas atteints. Monsieur Sheridan indique que les gens ont le droit d’être septiques.

« C’est une entreprise qui a fait des promesses au Monde et qui ne les a pas tenue » dit-il. « C’est une saga et le gens n’y croiront [réussite] que lorsqu’ils le verront. Ce n’est pas un problème pour nous. Car je pense que nous aurons bientôt une histoire formidable à raconter ».

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