BMW et Toyota s'allient pour une voiture H2 enfin commercialisable

L’alliance entre Toyota et BMW s’intensifie. Cette nouvelle relation remet en lumière une technologie qui fait débat depuis des décennies, la pile à combustible (PAC). BMW aura accès à la technologie de PAC de Toyota. Ceci marque la fin de la collaboration entre BMW et GM (General Motors) sur la PAC - les deux entreprises ne collaborent désormais plus sur le sujet. Essayons de porter à présent un autre regard sur la situation.

Toyota est très en avance sur la technologie de PAC. L’entreprise fait rouler des voitures à pile à combustible hybrides (FCHV, Fuel Cell Hybrid Vehicles) depuis dix ans. En 2009, Toyota lance son FCHV-adv, un tout terrain avec la technologie hybride de la Toyota Prius connectée à une pile à combustible de 90kW. La voiture a tout juste été testée il y a quelques mois sur les terres de Torrance en Californie. Excepté une conduite étrangement silencieuse du tout terrain, la promenade était sans grande surprise.

Avec un réservoir d’hydrogène plein, nous aurions pu faire la route jusqu’à San Francisco et plus encore [ndlr plus de 630km], pas d’inquiétudes de ce côté-là. Les véhicules à hydrogène ont tous les avantages d’un véhicule sur batteries, c'est-à-dire zéro émissions (la PAC produit de l’eau), et quasiment aucun de ses inconvénients.

Si vous voulez conduire un véhicule à zéro émission de CO2 au pot d’échappement, vous avez le choix entre les batteries ou les piles à combustibles. Une PAC est tout simplement une batterie. Les deux systèmes utilisent une réaction chimique pour produire de l’électricité. Lorsque les produits chimiques de la batterie sont épuisés, vous devez la recharger ou la jeter. Les produits chimiques de la PAC sont l’hydrogène et l’oxygène. Vous fournissez l’hydrogène. La PAC utilise gratuitement l’oxygène de l’air pour produire de l’électricité et de l’eau (H2O).

Les partisans de la technologie affirment que du « puit à la roue », les PAC induisent moins d’émissions que les batteries. Faire le plein du réservoir ne devrait pas prendre plus de temps qu’avec du sans plomb. Rendez-vous ensuite pour le prochain arrêt dans 600km.

Malgré les quelques rumeurs que l’on entend de temps à autres, à propos d’une nouvelle avancée dans la technologie des batteries, le seul moyen aujourd’hui d'améliorer l’autonomie des voitures à batteries, est simplement d’ajouter de nouvelles batteries. Mais cela devient très vite inutile car chaque batterie ajoutée implique du poids en plus. Il faut donc des freins de plus grande dimension, un moteur plus puissant, un châssis plus solide pour porter la masse, et au final de nouvelles batteries. Et plus que tout, cela devient atrocement cher.

De la même façon que l’électricité, l’hydrogène n’est pas un moyen de produire de l’énergie, c’est un moyen pour la transporter. Et il  peut être produit par toutes les sources d’électricité.

Pourquoi donc, ne sommes-nous pas en train de rouler avec des véhicules à hydrogène aujourd’hui? Il y a un certain nombre de challenges technologiques, mais comme l’indiquait l’an dernier, Satoshi Ogiso, Ingénieur en Chef chez Toyota, ils ont tous été surmontés. Le seul problème auquel Ogiso est confronté à présent, c’est l’argent.

« Pour nous, la seule problématique restante dans l’avenir des véhicules à PAC, c’est le coût de production à grande échelle » - Satoshi Ogiso

La technologie actuelle de pile à combustible est encombrante, lourde et chère. Avec suffisamment d’ampleur, la taille et le prix du système peut être réduits considérablement. Toyota prévoit de lancer un véhicule à PAC commercial en 2015. Mais il sera toujours cher, le Nikkei le chiffre à 5 millions de yen (50 000€). D’ici 2012, Ogiso prévoit que les voitures à hydrogène seront enfin abordables.

Source

<< Retour à la liste des articles